Imagerie de la femme

> Une spécialité à part entière

L’imagerie de la femme constitue une spécialité à part entière incluant l’imagerie du sein, la gynécologie, l’obstétrique ou encore l’ostéodensitométrie qui analyse la densité osseuse et permet d’objectiver et de suivre une ostéoporose.

 

détection du cancer du sein

détection du cancer du sein

Importance de la sénologie dans la détection du cancer du sein

La sénologie ou l’imagerie du sein fait appel à des radiologues spécialisés formés spécifiquement à des techniques de pointes. Ces techniques incluent la mammographie numérisée et la tomosynthèse, les ponctions ou biopsies des lésions, l’échographie, mammaire, ou encore l’IRM mammaire. La tomosynthèse est une technique d’imagerie tridimensionnelle récente, proposée dans le diagnostic des lésions mammaires. Cet examen qui permet d’éliminer ou de diminuer la superposition des tissus normaux offre une meilleure visualisation et donc une performance diagnostique accrue (amélioration de 33% de la détection de cancer invasif et diminution de 15% du nombre de faux positifs sur un total de 450 000 examens réalisés)1. Ces bénéfices associés à une approche personnalisée permettent de répondre, en partie, à la question du sur-diagnostic, une problématique qui peut se poser dans le cadre du dépistage systématique.

dépistage

dépistage

Le bénéfice du dépistage organisé démontré dans la prévention du cancer du sein

Ainsi s’il existe des arguments pour ou contre le dépistage du cancer du sein, ceux-ci diffèrent pour chaque femme. La valeur du dépistage organisé a été démontrée par les essais et commence à être validée à l’échelle d’une population2. L’âge est un critère important et les recommandations officielles conseillent de débuter le dépistage à l’âge de 50 ans en l’absence d’autre facteur de risque3. L’existence d’antécédents familiaux multiples (c’est à dire la présence d’un cancer du sein dans sa propre famille), les porteurs de mutation du gène BRCA… plaident pour un dépistage plus précoce associés à des examens (IRM, échographie, mammographie) annuels et un examen clinique tous les 6 mois. Le rôle du radiologue est essentiel dans ces situations délicates, afin de conseiller et d’accompagner les patientes dès lors qu’il s’agit d’éviter des examens ou des traitement inutiles.

imagerie gynécologique

imagerie gynécologique

L’imagerie gynécologique : intérêt de l’IRM

L’imagerie gynécologique comprend entre autre, l’échographie, le scanner et l’IRM du bassin féminin afin de visualiser l’utérus et les ovaires (diagnostic des kystes ovariens, endométriose, fibromes…). L’IRM pelvienne dynamique avec des manœuvres de poussées permet l’étude des prolapsus ou des incontinences urinaires par exemple. L’IRM (imagerie par Résonance Magnétique) est une technique non-invasive qui utilise un champ magnétique et des micro-ondes pour réaliser des images dans les 3 plans de l’espace des structures étudiées. Comme l’IRM n’utilise ni rayons X, ni radiation, elle n’a pas d’effet indésirable connu.

le point G à l’IRM

le point G à l’IRM

Actualité : le point G à l’IRM

En travaillant récemment avec un gynécologue sur la mise de au point de protocoles visant à améliorer la visualisation du plancher pelvien, nous nous sommes intéressés à l’imagerie du point G. Ce sujet est particulièrement controversé puisque l’existence même du point G n’est pas démontrée sur le plan anatomique. Il s’agirait d’une zone érogène située sur la face antérieure du vagin indépendante du clitoris. Un gynécologue américain a récemment mis en évidence une structure bien individualisée après dissection sous forme d’un complexe neuro-vasculaire et correspondant au point G4. Sur cette base, nous avons entrepris un travail de recherche et dont les résultats viennent d’être publiés. Nos observations montrent, pour la première fois in vivo, une structure morphologique visible à l’IRM correspondant à la structure anatomique récemment décrite comme la point G par ce gynécologue. Ce travail pilote permettra, nous l’espérons, ouvrir la voie à d’autres travaux utilisant l’IRM dans l’exploration des dysfonctions sexuelles féminines5.

> Références

1. Firendewald S et Coll Breast Cancer Screening Using Tomosynthesis in Combination With Digital Mammography. JAMA 2014 ; 311 (24) : 2499-507

2. Magnus MC et Coll. Effectiveness of mammography screening in reducing breast cancer mortality in women aged 39-49 years: a meta-analysis JWH 2011; 20: 845-852

3. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1741170/fr/depistage-du-cancer-du-sein-en-france-identification-des-femmes-a-haut-risque-et-modalites-de-depistage

4. Ostrzenski A, Krajewski P, Ganjei-Azar P, Wasiutynski AJ, Scheinberg MN, Tarka S, et al. Verification of the anatomy and newly discovered histology of the G spot complex. BJOG 2014;121(11):1333–9.

5. YK Maratos, R Gombergh, E Cornier, JP Minart, N Amoretti and A Mpotsaris The G-spot: an observational MRI pilot study Article first published online: 18 Jan 2016 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1471-0528.13864/full